Face à la recrudescence des épisodes de sécheresse et à leurs répercussions sur la production céréalière, le Bureau Spécialisé de Tarification en Assurances (BST) a conduit une étude visant à concevoir un mécanisme d’assurance indicielle adapté aux conditions climatiques et agricoles de l’Algérie. L’objectif est de proposer un dispositif reposant sur des bases scientifiques et actuarielles solides, permettant une indemnisation rapide, objective et financièrement soutenable.

L’étude a permis d’évaluer plusieurs indices climatiques de sécheresse et d’identifier l’aSPI comme l’indice le plus pertinent pour représenter l’impact de la sécheresse sur les rendements des cultures céréalières.

L’un des principaux résultats de l’étude réside dans l’élaboration d’un barème actuariel des pertes, issu de la modélisation de la relation entre l’intensité de la sécheresse et les pertes de rendement observées. Ce barème constitue le fondement technique du mécanisme proposé et permet d’estimer de manière objective le dommage moyen associé à chaque niveau de sécheresse. Les travaux montrent notamment qu’un indice aSPI inférieur à -2, correspondant à une sécheresse extrême, est associé à un dommage moyen estimé supérieur à 58 % du rendement de référence.

Les simulations tarifaires montrent que la couverture de la sécheresse extrême constitue le meilleur compromis entre la protection des agriculteurs et la viabilité économique du produit d’assurance. À l’inverse, l’extension de la garantie à la sécheresse sévère (associée à un dommage moyen estimé de 45,6 %) entraîne une augmentation importante de la prime pure, rendant le produit difficilement accessible dans le cadre d’une assurance facultative.

L’étude met également en évidence l’importance du taux de pénétration dans l’équilibre financier du dispositif. Les simulations montrent qu’en phase de lancement, si seulement 10% des agriculteurs adhèrent au produit, la prime pure est multipliée par près de dix par rapport au scénario théorique de 100% de pénétration. Ce résultat illustre l’importance de la mutualisation des risques et confirme qu’un accompagnement public ou des mécanismes d’incitation seraient nécessaires pour favoriser le développement d’un tel produit.

Au regard de ces résultats, l’étude recommande de concentrer la couverture sur les épisodes de sécheresse extrême, tout en mettant en place un mécanisme actuariel basé sur des indices climatiques.

Cette étude constitue une première proposition de cadre technique pour le développement d’une assurance indicielle agricole en Algérie. Elle fournit les bases scientifiques, statistiques et actuarielles nécessaires à la mise en œuvre d’un dispositif innovant de gestion du risque de sécheresse, conciliant protection des agriculteurs et soutenabilité financière.

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