La solvabilité des compagnies d’assurance constitue une préoccupation majeure pour les autorités de régulation du marché des assurances, en raison de l’importance cruciale de la sécurité financière des assureurs pour la stabilité et le développement de l’économie dans son ensemble.

En Europe, afin de mieux protéger les compagnies d’assurance contre les risques susceptibles de les affecter, une nouvelle réglementation, intitulée « Solvabilité II », a été mise en place en 2016. Cette réglementation, basée sur une approche axée sur les risques, propose une mesure globale du capital de solvabilité requis. Ce capital est calculé en fonction de segments spécifiques de risques et d’activités, remédiant aux limites de l’ancienne norme « Solvabilité I », qui reposait sur une méthode simplifiée consistant à déterminer le capital de solvabilité comme un pourcentage des primes et des provisions techniques.

Pour renforcer le contrôle de solvabilité des compagnies d’assurance en Algérie, il est indispensable de passer de la norme « Solvabilité I » à une approche plus sophistiquée, axée sur les risques. Parmi les risques les plus critiques figure celui lié aux primes et aux provisions. Ce risque, qui résulte de la sous-tarification des contrats d’assurance et du sous-provisionnement des réserves, impacte directement l’activité technique des assureurs, compromettant ainsi leur capacité à honorer leurs engagements financiers.

Dans une approche de solvabilité fondée sur les risques, il est essentiel pour les assureurs de constituer un capital suffisant, appelé « capital de solvabilité requis », afin de couvrir le risque de primes et de provisions, une composante clé du risque de souscription.

Cette étude est divisée en deux parties principales :

1- Le risque de souscription : Dans cette partie, nous avons calculé le capital de solvabilité requis pour le risque de primes et de provisions en assurance non-vie, en appliquant la formule standard de la directive Solvabilité II à un échantillon de compagnies d’assurance algériennes. L’objectif est de quantifier ce risque et d’évaluer la capacité de ces compagnies à respecter leurs engagements financiers face aux exigences du risque de souscription.

2- La valorisation des actifs à leur juste valeur de marché : Conformément aux exigences prudentielles de la directive Solvabilité II, les compagnies d’assurance européennes doivent disposer de fonds propres suffisants pour couvrir leur exposition aux risques. L’adoption de ces nouvelles normes impose une refonte des systèmes comptables, ainsi que l’introduction de nouvelles dispositions dites « économiques », en opposition aux anciennes normes fondées sur le coût historique. Cette transformation vise à établir un « bilan prudentiel », qui sert de base pour le calcul des fonds propres requis selon Solvabilité II. Dans cette partie, nous avons étudié le concept de bilan prudentiel et exploré la possibilité de valoriser les actifs à leur juste valeur de marché, conformément aux principes des nouvelles normes prudentielles.

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